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ÉTUDES D'INFIRMIER(E): LE TOP 1 DES VOEUX PARCOURSUP

Dernière mise à jour : 29 sept.

La phase d’admission Parcoursup tant attendue (et redoutée par les élèves de terminale et leurs familles) a commencé le 2 Juin cette année. L’occasion de nous plonger dans les chiffres et de faire le point sur les formations qui ont été plébiscitées comme choix d’orientation par les élèves lors de leurs vœux. La première place du podium est, cette année encore, attribuée aux Instituts de Formation en Soins Infirmier (IFSI pour les intimes) qui représentent les établissements au sein desquels les étudiants entament un parcours de 3 ans de formation pour obtenir le Diplôme d’État d’Infirmier. Quelles sont les raisons de cet engouement depuis quelques années et quelles en sont les conséquences ?

S’ORIENTER VERS LES ETUDES DE SOINS INFIRMERS : LE CHOIX D’UN GRAND NOMBRE D’ELEVES

Les IFSI : de plus en plus d’engouement sur Parcoursup

Cela fait plusieurs années que l’on observe une hausse des vœux orientés vers les études d’infirmier(e). Cette année encore ne fait pas exception. Les IFSI sont les établissements les plus demandés sur Parcoursup avant les formations PASS (médecine), les écoles de commerce ou les écoles d’ingénieur qui sont pourtant de grandes habituées du podium.


Avec 689 000 dossiers en 2021 contre 180 000 en 2017, le D.E. Infirmier est devenu de façon assez fulgurante un vœu très sélectif. On le constate en jetant un œil aux taux d’accès*, accessibles sur Parcoursup. En 2021, ils n’excèdent pas les 48 % parmi tous les IFSI présents sur la plateforme, signifiant qu’un peu plus de la moitié des élèves ayant postulé n’ont pas obtenue de réponse positive et donc de place pour entrer dans cette formation.


*Taux d’accès : permet de savoir si l’établissement et la formation sont plus ou moins demandés, donc sélectifs. Une valeur de 100% en taux d’accès signifie que 100% des élèves ayant demandés cette formation a obtenu une réponse positive.


La demande accrue pour le D.E. Infirmier a amené les établissements à augmenter leurs capacités d’accueil au fil des années. De fait on peut se questionner : d’où vient cette vague d’engouement pour cette formation chez les jeunes ? Quelle image du métier ont-ils ? Est-elle assez réaliste ?


La fin du concours : un mauvais choix ?

Même si une partie de cette envolée des vœux en faveur des études d’infirmier(e) est liée au prestige du métier « le soignant comme héros des temps moderne », ou à la passion des élèves pour la relation de soin, un autre élément vient peser de tout son poids sur la balance.


En 2019 une réforme entraine la fin du concours d’entrée en ISFI pour sélectionner les futurs élèves infirmer(e)s. A notre grand désespoir, ce n’est plus un entretien qui met à l’épreuve la motivation, les connaissances, les capacités des élèves pour choisir ceux dont le profil correspond le mieux à l’exigence des études et de la profession. Cette réforme c’est celle de Parcoursup, qui amène dès lors les IFSI à effectuer leur recrutement exclusivement via cette plateforme.


C’est donc tout un mode de sélection des futurs étudiants d’IFSI qui a radicalement changé.


· SELECTION PAR CONCOURS : les élèves devaient s’inscrire à celui de chaque établissement qui l’intéressait, payer des frais d’inscription, puis préparer et se présenter à un entretien qui sondait non seulement les motivations de l’élève comme son projet professionnel, ses capacités relationnelles, mais également ses connaissances des études, dans le secteur du soin et de l’aide à la personne. Tout un enchevêtrement d’éléments pertinents qui permettaient, au-delà des notes obtenues au lycée, de choisir de façon éclairée les futur(e)s infirmier(e)s à former.


· SELECTION PAR PARCOURSUP : les élèves doivent désormais s’inscrire sur la plateforme comme pour toutes les autres formations, avec un dossier où figurent leurs bulletins de notes de la 1ère à la Terminale (1er et 2nd trimestre ou 1er semestre), une fiche avenir remplie avec l’avis du professeur principal et chef d’établissement, ils peuvent également insérer une lettre de motivation et d’autres documents en fonction des besoins. Mais l’entretien n’est plus nécessaire, donc aucun déplacement et aucun frais ne sont à prévoir.


Passer d’une sélection avec un entretien de motivation en présentiel dans les ISFI à une sélection sur dossier scolaire depuis son ordinateur a sans aucun doute facilité les demandes vers cette formation, entraînant par la même un très grand nombre de vœux dans sa direction. Ce qui en soit positif puisque les besoins dans cette profession ne font que croître et que nous avons donc besoin d’étudiants dans les ISFI pour former les infirmier(e)s de demain.


Néanmoins, la réforme semble tout de même être un pari perdant, car de nombreux profils d’étudiants recrutés via Parcoursup ne sont pas forcément compatibles avec les exigences des études et du métier. La solution aurait été de faire coexister les entretiens du concours avec les inscriptions sur Parcoursup, tout comme le font un grand nombre d’écoles de commerce et d’autres formations. Malheureusement aucune démarche en ce sens n’a été entreprise.


UN PARADOXE NAVRANT : RECORD D’INSCRIPTIONS MAIS BEAUCOUP D’ABANDONS

La hausse du taux d’abandon en IFSI


Paradoxalement, alors qu’il est le vœux numéro 1 demandé sur parcoursup, on constate un nombre en hausse du taux d’abandon des étu


diants infirmier(e)s. Laissons un peu parler les chiffres : 13% des étudiants en IFSI abandonnent entre septembre et octobre la première année en 2021. C’est donc 17621 places pourvues à la rentrée, contre 15341 toujours occupées à la fin de l’année, une lourde perte dès le début de l’année.


Comment expliquer ce taux d’abandon en hausse ? Est-ce là le résultat d’un « mauvais recrutement » que nous évoquions un peu plus haut ? Il semble en effet qu’il y ait un lien. Le motif principal d’abandon des élèves est celui de « l’erreur d’orientation ».


Autrement dit des élèves qui n’ont pas eu assez de temps pour réfléchir leur projet d’orientation ou professionnel, peu ou mal informés concernant le déroulement des études d’infirmier(e), et qui font face finalement à une méconnaissance du métier et du secteur en lui-même. Ils se confrontent donc à des situations auxquelles ils ne s’attendaient pas, qu’ils n’imaginaient pas.

La méthode de recrutement n’a pas su discerner les profils en adéquation de ceux qui ne seraient pas fait pour ça, mais pas seulement. C’est aussi une vraie question d’orientation. Les élèves ont aussi été mal informés sur le sujet, personne ne les a assez avertis de la réalité des études et du métier, information pourtant primordiale afin de ne pas avoir de désillusion à l’arrivée. Cela explique le taux d’abandon qui grimpe en flèche.


Une problématique qui n’est pas ou très peu présente chez les étudiants de D.E. infirmier venant de la Formation Professionnelle Continue (FPC) et qui sont soumis à un concours afin d’entrer dans le cursus. Ce sont également des personnes déjà en activité et qui, le plus souvent, connaissent déjà bien le milieu du soin, de l’accompagnement et de la santé, comme par exemple de nombreux aides-soignants qui font le choix de reprendre des études pour devenir infirmier(e)s. Une réorientation ou reconversion qui permet à ces derniers d’avoir plus de recul et avoir plus de temps pour réfléchir à ce projet professionnel, qu’ils peuvent entamer ainsi avec passion et motivation.


*FPC : son but est de pouvoir assurer aux salariés, employés, demandeurs d’emploi, une formation visant à acquérir des compétences dans un domaine professionnel.


Résultat des courses : une pénurie de soignants qui ne fait que croître, des établissements avec des postes à pourvoir qui ne trouvent pas preneurs du fait du manque d’élèves diplômés à la sortie des IFSI, un coup dur pour le secteur de la santé qui peine à pallier ce manque.


Des études exigeantes : des élèves confrontés à la réalité du terrain

D’une durée de 3 ans au total, le D.E. infirmier permet d’obtenir le grade Licence et de poursuivre des études en Master si cela est souhaité Ces 3 années se découpent en 6 semestres :

· Formation théorique (2100 heures) cours magistraux, travaux dirigés (présence obligatoire), travaux personnels guidés.


· Formation clinique (2100 heures) stages (présence obligatoire) dont un stage 5 semaines au premier semestre, quatre stages de 10 semaines aux semestres deux, trois, quatre et cinq, un stage de 15 semaines (divisé en deux parties) au sixième semestre.


· Travail personnel complémentaire (estimé à 900 heures)


La formation au sein des IFSI alternera entre théorie et pratique afin d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice du métier :

- Compétences qui constituent « le cœur de métier »

- Évaluer une situation clinique, établir un diagnostic dans le domaine des soins infirmiers.

- Concevoir et conduire un projet de soins infirmiers.

- Accompagner une personne dans la réalisation de ses soins quotidiens.

- Mettre en œuvre des actions à visée diagnostique et thérapeutique.

- Initier et mettre en œuvre des soins éducatifs et préventifs.


- Compétences dites « transverses », communes aux professions paramédicales

- Communiquer et conduire une relation sans un contexte de soins.

- Analyser la qualité des soins et améliorer sa pratique professionnelle.

- Rechercher et traiter des données professionnelles et scientifiques.

- Organiser et coordonner des interventions soignantes.

- Informer et former des professionnels et des personnes en formation.


Concernant les éléments d’enseignements on retrouve en D.E. Infirmier :

- Méthodes de travail et TIC,

-Intégration des savoirs et posture professionnelle infirmière (mobiliser les savoirs et les savoirs faire en situation)

- Sciences biologiques et médicales,

- Sciences et techniques infirmières, fondements et méthodes,

- Sciences et techniques infirmières, interventions, ,

- Sciences et techniques infirmières, interventions,

- Intégration des savoirs et posture professionnelle infirmière (mobiliser les savoirs et les savoirs faire en situation)


Outre l’apport théorique de cette formation qui est très dense, il est bénéfique pour les élèves de se confronter à la réalité du terrain pour obtenir de l’expérience, le savoir être et les gestes techniques professionnels durant les nombreux stages obligatoires pour valider le diplôme. Cela leur permet également de se faire une idée du type de service ou structure dans lequel ils aimeraient travailler plus tard, une fois les études finies. En effet, les stages obligent les élèves à découvrir plusieurs secteurs propres à la profession, afin d’en découvrir les différents aspects.


Malheureusement, découvrir la réalité du métier sur le terrain constitue l’une des raisons pour lesquelles les élèves abandonnent : conditions de travail difficiles, horaires atypiques, stress, fatigue, manque de reconnaissance du métier, personnes parfois désagréables ou agressives dont il faut s’occuper… La confrontation avec les contraintes du métier est parfois difficile pour certains. Nous en revenons donc au constat fait un peu plus haut : Parcoursup dirige vers les études d’infirmier(e) des élèves qui ne sont pas forcément préparés à la réalité de la formation et qui, pour certains, sont peu ou pas assez motivés pour aller jusqu’au bout.



LA REALITE DU METIER D’INFIRMIER(E) : MIEUX S’INFORMER POUR MIEUX S’ORIENTER

Faire découvrir la réalité du métier au élèves : donner du sens

Bien que cela entraîne l’abandon des études pour une partie des élèves, la confrontation et la connaissance des réalités du métier est pourtant indispensable car elle permet de mettre à l’épreuve la motivation des élèves, leur permettant à terme de devenir des professionnels compétents et passionnés. Toujours est-il que certains se rendent compte que ce n’est pas fait pour eux en ayant déjà mis les pieds dans les études d’infirmier(e), cela pouvant leur donner le sentiment de s’être trompés, d’avoir perdu du temps ou pire, de ne pas être à la hauteur de la formation.


Ce constat souligne l’importance de renforcer le lien entre les ISFI et les lycées, notamment au travers de partenariats permettant aux élèves de venir découvrir les études d’infirmier(e) et de se « pré-confronter » aux exigences auxquelles ils devront faire face, via des journées d’immersions. Cela leur permet aussi découvrir l’environnement de travail, les métiers connexes, les contraintes mais aussi les aspects positifs liés au métier, afin de faire un choix éclairé. Cela permettra de diriger vers ces études de soin des élèves plus motivés, passionnés, conscients et préparés à ce qui les attends pour la suite.


Avant de prendre sa décision concernant une orientation en D.E. Infirmier faire le point permet de se poser les bonnes questions, d’obtenir des informations, d’entamer une réflexion sur les différents chemins possibles mais aussi sur soi-même. Pour être aidé à ce sujet, vous pouvez prendre rendez-vous dans les CIO pour poser vos questions ou bien choisir un conseiller d’orientation privé afin de faire un bilan d’orientation qui sera plus complet et bénéficier d’un suivi personnalisé.

Petits conseils d’expert avant de sauter le pas

Pour terminer quelques petits conseils de personnes qui exercent, ou ont exercées, le métier d’infirmier(e) afin de vous aider à vous poser les bonnes questions et à faire le bon choix avant de vous lancer à la poursuite de ce beau métier :


· Se renseigner sur le métier

· Se renseigner sur les lieux d’exercices

· Se renseigner sur les conditions de travail

· Ne pas se faire trop d’illusion

· Faire ce métier avec passion

· S’intéresser à l’humain avant tout

· S’intéresser à la psychologie

· S’intéresser au social et la relation d’aide

· Être organisé(e)

· Être capable de se remettre en question

· Être émotionnellement bien accroché


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